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Discours de S.E. l’Ambassadeur d’Algérie en Suisse à la rencontre des banquiers suisses et algériens organisée par le Forum des Compétences Algériennes en Suisse le vendredi 25 janvier 2008 dans le centre international de conférences de Genève

Permettez-moi de vous remercier vivement pour les paroles très aimables que vous avez eu à mon égard et de vous souhaiter ainsi qu’aux distingués participants à ce forum mes meilleurs vœux pour cette année 2008.

Je voudrais également exprimer mes sincères félicitations aux membres du forum des compétences algériennes en Suisse pour cette initiative qui donne encore une fois l’occasion à des responsables et spécialistes suisses et algériens d’échanger leur expérience, leur savoir-faire et leur compétence, d’examiner les opportunités de coopération entre leurs institutions dans le cadre d’une relation bilatérale de plus en plus dense et diversifiée.

La tenue à Genève de nombreuses manifestations algéro-suisse marque Monsieur le Conseiller d’Etat l’attachement et la proximité des Algériens à cette prestigieuse capitale internationale si accueillante et si généreuse. Ce lien très fort remonte à la période de notre lutte de libération où le mouvement national a pu rencontré ici soutien, sympathie et hospitalité. Le processus d’indépendance est passé par là et le rôle joué par l’éminent diplomate et homme politique genevois Olivier Long restent des moments forts dans les relations algéro-suisses. Veuillez trouver ici notre reconnaissance et notre gratitude.

Cette rencontre qui prépare la 4ème édition du Forum Internationale de la Finance qui se tiendra à Alger le 13 et 14 mai 2008 sous le haut patronage de M. le Président de la République devient un rendez-vous de référence grâce à l’engagement, à la compétence et à l’énergie de M. Gacem Brahim et de l’ensemble des membres du Forum des compétences Algériennes en Suisse. Une telle manifestation de niveau internationale organisée par des talents algériens résidants en Suisse est pour nous un très grand motif de fierté et une confirmation de la place de nos élites dans le développement national.

Le thème sur la finance qui réunit aujourd’hui d’éminents spécialistes porte sur un secteur stratégique et extrêmement sensible dont la qualité de service et le savoir faire détermine aujourd’hui en grande partie l’évolution d’une économie. Les échanges et les débats qui vont s’engager permettront j’en suis persuadé de constater encore une fois la nécessité d’une coopération plus accrue entre les institutions suisses et algériennes dans ce domaine. Car s’il est admis que malgré des progrès remarquables, le système financier et bancaire en Algérie nécessite une modernisation plus accélérée, comme il est universellement reconnu que la place financière suisse est l’une des plus performantes dans le monde.

C’est dire combien il est souhaitable pour l’Algérie de développer un partenariat privilégié dans ce créneau à un moment où notre pays en pleine mutation est engagée dans un vaste et ambitieux programme de soutien à la croissance économique.

Mesdames, Messieurs,

Je profite de cette opportunité pour vous rappeler le caractère exemplaire des relations algéro-suisses et vous donner un aperçu de la nature de la coopération bilatérale ainsi que les perspectives de son évolution

La volonté politique affichée par les dirigeants des deux pays de donner aux relations économiques un contenu concret a permis de mettre en place un cadre juridique approprié à même d’encourager les opérateurs à développer un partenariat privilégié.

L’accord de protection et de promotion des investissements signé en novembre 2004 et la conclusion en juin 2006 d’une convention en vue d’éviter la double imposition sont des outils encourageants dans ce sens.

L’accord de libre échange, en cours de négociations entre l’Algérie et l’AELE viendra multiplier les facteurs incitatifs à un plus grand engagement des opérateurs suisses porteurs de projets et d’initiatives de partenariat économique mutuellement fructueux.

La multiplication des visites officielles, des contacts à tous les niveaux, l’organisation de forums regroupant les acteurs économiques des deux pays à l’instar de ceux organisés hier par la chambre de commerce et d’industrie suisse-algérie et notre présente rencontre sont autant de cadres pour une meilleure connaissance et une plus grande incitation à promouvoir les échanges entre deux partenaires qui disposent de grands atouts à la mise en place d’un véritable partenariat mutuellement porteur.

L’Algérie est aujourd’hui engagée dans un processus de modernisation économique, culturelle et sociale considérable à travers un volume d’investissement sans précédent. Les ambitions réalistes qu’elle nourrit pour elle-même, sont ouvertes à ceux des partenaires qui sont disposés à l’accompagner sur la base d’intérêts communs.

Elle poursuit les réformes engagées depuis plusieurs années en se concentrant sur le cadre réglementaire notamment dans les domaines de la fiscalité, du foncier, de la concurrence et du système financier, créant ainsi les conditions les plus propices aux opportunités d’investissement et d’affaires.

La nouvelle stratégie industrielle offrira également une meilleure visibilité en identifiant les filières prioritaires ouvrant ainsi de nouveaux champs de coopération tant dans le secteur public que privé.

Au niveau macroéconomique l’Algérie réalise des taux de croissance élevés (plus de 6.2%), enregistre un net recul du chômage (11%), de l’endettement ( moins de cinq milliards de dollars) et de l’inflation (3.5 %) et dispose de réserves de change de plus 100 milliards de dollars.

C’est dans cette conjoncture qu’ un impressionnant plan de soutien à la croissance économique de 180 milliards de francs suisses qui touche de nombreux secteurs liés aux grands travaux est mis en œuvre depuis 2005 de manière à permettre aux infrastructures du pays de se mettre au diapason du monde moderne.

Il est évident que la réussite de cette politique et la réalisation de ces objectifs associent pleinement nos partenaires étrangers encouragés par des avantages autant voire plus prometteurs que ceux offerts par les marchés régionaux et internationaux.

C’est dans ce contexte et cet esprit que nous invitons la Suisse à participer à travers sa puissance financière, économique et technologique à ce grand chantier. Les opérateurs suisses sont les bienvenus en Algérie, nous les appelons à s’impliquer davantage non seulement à travers des échanges commerciaux mais également dans le cadre de partenariat et de transfert de technologie, de savoir-faire et d’expertise.

Nous appelons particulièrement au développement de la coopération entre les PME-PMI des deux pays, qui reste le principal facteur de croissance et de création de richesses.

Les complémentarités économiques entre entreprises des deux pays et l’apport savoir-faire et de capacités de financement sont appelées à être identifiées et promues. Leurs retombées seront certainement mutuellement bénéfiques.

Aujourd’hui, les échanges économiques algéro-suisses quoique n’étant pas à la hauteur des capacités et potentialités des deux pays connaissent des évolutions significatives qui se traduisent par un intérêt croissant des opérateurs suisses en direction du marché algérien une augmentation du volume des échanges commerciaux ainsi qu’une coopération accrue dans le domaine de la formation et du perfectionnement.

Les grandes multinationales comme HOLCIM, NESTLE, NOVARTIS, ABB, BUHLER sont présentes en Algérie, elles pourraient à court terme s’engager à travers des investissements directs ou des partenariats plus conséquents.

Les PME sont également de plus en plus actives sur le marché algérien sous différentes formes. La conclusion d’un important contrat de livraison de 64 locomotives par la société STADLER pour un montant de 500 millions de dollars, la reprise de la société COTA par la société générale de surveillance ou la réalisation d’un centre commercial et de loisirs à Alger à l’image de celui de la Praille par le groupe JELMOLI, la création de ports secs par MC Shipping ou encore la gestion par swissport du fret à l’aéroport international d’Alger sont quelques exemples de cette nouvelle dynamique algéro-helvétique.

Les échanges commerciaux qui ont atteints en 2006 près 400 millions de dollars sont appelés à progresser substantiellement grâce au potentiel des deux pays et une meilleure connaissance du marché algérien par les opérateurs suisses.

Le transport en général, la biotechnologie, l’industrie de précision, les services banque et assurances, l’engineering sont des secteurs où la coopération algéro-helvétique est appelée à se développer.

Dans le domaine du savoir et du transfert de technologie, la mise en place de nombreux programmes de formation et de perfectionnement dans divers secteurs a montré toute l’importance de cette forme d’échange entre les deux pays qui devra devenir l’un des principaux leviers de la relation algéro-suisse.



Par ailleurs, l’Algérie et la Suisse bénéficient d’un capital humain commun par la présence d’une élite résidant dans ce pays accueillant.

Dans son processus de développement, l’Algérie a besoin de mobiliser l’ensemble de ces énergies et de son potentiel humain dont notre communauté en Suisse en est la parfaite illustration.

Mesdames, Messieurs,

Monsieur le président de la République qui attache un intérêt particulier à notre communauté nationale à l’étranger, à son bien être et à sa sécurité vous invite à mettre à la disposition de votre pays votre créativité et votre talent sous une consistance économique, une portée scientifique, une expression culturelle, un contenu d’entraide sociale comme il vous appelle à contribuer au rayonnement et à la bonne image de l’Algérie.

Nos élites en Suisse sont le meilleur exemple de cette force qui doit être légitimement concernée par les réalisations nationales et les relations algéro-suisses.

En effet, la participation de ce haut potentiel reconnu pour la qualité de ses compétences et ses excellentes performances est la bienvenue.

Il n’est pas vain de répéter que ces hautes compétences soient à l’avenir un levier de promotion et de développement économiques et un réseau d’ambassadeurs efficace de leur pays d’origine dont les missions seront de promouvoir l’image et la notoriété de leur pays et pour l’essentiel de contribuer à stimuler les investissements et les partenariats et d’apporter leur savoir-faire et leurs compétences au développement national.

Par expérience, je peux affirmer l’enthousiasme, l’engagement, les attentes et quelque fois les impatiences de nos cadres et de nos élites.

Dans la perspective de mettre en œuvre et d’intégrer cette vision novatrice, il est indispensable de mettre en place des dispositifs efficaces pour inciter, motiver et soutenir ces compétences dans leurs missions de promotion de leur pays à travers une stratégie réaliste, rationnelle et incitative.

Il y a, Mesdames et messieurs, entre l’Algérie et la Suisse un formidable potentiel qui a besoin de se développer dans les domaines scientifique, technologique et économique que nous devons encourager, promouvoir et accompagner pour une relation destinée à l’exemplarité.



S.E. L'Ambassadeur d'Algérie en Suisse M. Kamel Houhou

Genève, le 25 janvier 2008