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III_ Le secteur du Tourisme : une autre source de richesse

La promotion du tourisme revêt actuellement un caractère prioritaire dans le programme de développement du gouvernement.

La tenue, les 11 et 12 février 2008, des Assises nationales et internationales du tourisme a permis l’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre de la politique de tourisme de l’Algérie à l’horizon 2025. Cette politique est traduite dans le Schéma Directeur d’Aménagement Touristique – SDAT, lequel constitue le volet sectoriel du Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT.)

1. Le Schéma Directeur d’Aménagement Touristique

vise la réalisation des cinq objectifs suivants :

  • Promouvoir une économie alternative aux hydrocarbures
  • Promouvoir la croissance par les effets d’entraînement du tourisme sur les autres secteurs de l’économie nationale
  • Réunir les conditions d’un développement touristique durable,
  • Promouvoir le riche patrimoine naturel, historique et culturel du pays
  • Valoriser l’image de l’Algérie partout dans le monde.

Le SDAT 2025 identifie deux étapes temporelles majeures

  • 2008 - 2015 : Etape d’amorçage et de mise en œuvre de la nouvelle politique du développement du tourisme de l’Algérie (pré requis en termes d’organisation, de mise à niveau et de formation des ressources humaines)
  • 2015 - 2025 Etape de consolidation des actions entreprises dans la construction de la destination touristique Algérie.

2. Etat des lieux

  • Une progression constante du nombre d’arrivées de touristes en Algérie,
  • Une augmentation progressive de la valeur ajoutée (VA) du tourisme,
  • Une progression constante en valeur absolue de la part du tourisme dans le Produit Intérieur Brut (PIB) ; cependant en valeur relative, cette part accuse un mouvement irrégulier (1,7% en moyenne)
  • En 2006, le poste « voyages » de la balance des paiements a dégagé des recettes de 215,3 millions de dollars $US, soit une croissance de 3% par rapport à 2005 (184,3 millions $US).
Le tourisme, à l’instar des autres secteurs productifs, hors hydrocarbures, doit relever le défi de la création de richesses.

3. L’offre touristique nationale : les atouts et les faiblesses

Les atouts :

L’Algérie dispose d’atouts indéniables dont la mise en valeur contribuera à la production d’une offre touristique d’excellence à même de faire face à l’âpre concurrence qui caractérise le marché touristique mondial, notamment au niveau du Bassin Méditerranéen. Les atouts à la base de l’offre touristique sont constitués par un riche patrimoine culturel matériel et immatériel, naturel et infrastructurel.

Ces atouts et potentialités se résument en :

  • La beauté, la richesse et la diversité des paysages et sites naturels,
  • Un patrimoine historique, archéologique, culturel important et diversifié,
  • La disponibilité de sites vierges et de ressources naturelles préservées,
  • Un climat tempéré,
  • Un réservoir considérable de sources thermales : plus de deux cents sources thermo minérales recensées,
  • Une image de marque liée au tourisme saharien, notamment au plan international,
  • La grande proximité avec les marchés émetteurs européens,
  • Un important réseau d’infrastructures routières et autoroutières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, hydrauliques, énergétiques, existant ou en cours de réalisation : Autoroute Est Ouest, Pénétrantes, Rocades, Métro, Tramway, Lignes ferroviaires à Grande Vitesse «LGV » Barrages, transferts hydrauliques, unités de dessalement, stations d’épuration, centrales électriques, réseaux TIC.. 16 ports de plaisance et 20 ports mixtes (plaisance et pêche), Aéroports internationaux, …
  • Une montée en cadence des TIC et de la téléphonie mobile,
  • Des grands projets d’investissements touristiques en maturation : les villages touristiques d’excellence,
  • Une offre d’hébergements touristiques en progression constante et qui se résume à travers :
  • Le nombre d’hôtels et d’établissements assimilés qui a été multiplié par deux (2) entre 1993 et 2006, passant de 537 à 1064 unités,
  • La capacité d’accueil en hôtellerie (84 870 lits en 2006) a augmenté de 30 % entre 1999 et 2006.

Les faiblesses du tourisme algérien :

  • Une absence de lisibilité des produits du tourisme algérien,
  • Une faiblesse quantitative et qualitative des structures d’hébergement,
  • Une maîtrise insuffisante des nouvelles techniques de prospection des marchés et de marketing,
  • Un niveau de qualification et de performance des personnels à rehausser,
  • Une faible qualité du produit et des prestations du tourisme algérien,
  • Une faible pénétration des technologies de l’information et de la communication dans le tourisme,
  • Un mode de transport et d’accessibilité à améliorer,
  • Des services financiers inadaptés au tourisme moderne,
  • Un grand déficit de la promotion et du marketing de la destination Algérie.

4. Le nouveau positionnement du tourisme algérien

Les choix stratégiques du SDAT 2025 tiennent compte :

  • Du faible niveau actuel de l’activité touristique,
  • Du faible niveau de notoriété de la destination Algérie,
  • De l’absence de sites structurés drainant un flux touristique élevé,
  • Du positionnement par rapport à la concurrence régionale et méditerranéenne,
  • De la nécessaire conciliation entre tourisme national et tourisme international.

Aussi, le développement du tourisme doit être envisagé sur le long terme en concentrant au préalable les efforts sur les priorités. Le nouveau concept du tourisme algérien se fonde sur les impératifs suivants:

  • Se positionner de manière offensive sur le segment littoral méditerranéen,
  • Promouvoir le tourisme saharien et de randonnée : un produit d’appel,
  • Développer le tourisme urbain et d’affaires autour des grandes métropoles,
  • Promouvoir et moderniser le tourisme de santé et de bien être,
  • Promouvoir le tourisme culturel, cultuel et évènementiel,
  • Exploiter toutes les formes de tourisme « de niche »,

5. Les objectifs quantitatifs du Schéma Directeur d’Aménagement Touristique (SDAT).

Les infrastructures et les capacités d’accueil

A l’horizon 2015, l’objectif de l’Algérie est d’accueillir 2,5 millions de touristes. En respectant les mêmes ratios que les pays voisins, il lui faudrait donc 75 000 lits aux normes internationales.

Objectif pour les pôles prioritaires, environ la moitié (1/2) de la nouvelle capacité d’accueil prévue, soit:

  • 40 000 lits au standard international dont 30 000 lits haut de gamme à très court terme et,
  • 10 000 lits supplémentaires à moyen terme

L’estimation de l’investissement touristique public et privé

Le montant des investissements nécessaires pour la période 2008-2015 est estimé à 2,5 milliards de dollars US.

L’investissement global public et privé, matériel et immatériel (études, infrastructures, communication) peut être estimé à 60.000 dollars US par lit créé (tous aménagements compris), 55 000 dollars US en investissements matériels et 5 000 dollars US en investissements immatériels.

Pour la capacité de lits de 40.000 lits projetés dans les sept (07) pôles touristiques d’excellence, un investissement global d’un peu plus de 2,5 milliards de dollars US est prévu sur 7 ans (horizon 2015), soit 350 millions de dollars US par an .

Aux 2,5 milliards de dollars à investir à l’étape 2015 (soit 350 millions de dollars par an) dans les sept (07) pôles touristiques d’excellence, on peut concevoir qu’un effort supplémentaire d’un milliard de dollars sur le reste du pays devra être engagé pour gommer les déficits structurels actuels.

Les investissements publics pour les sept (07) pôles touristiques d’excellence : (Nord Est, Nord Centre, Nord Ouest, Sud Est Oasien, Sud Ouest Touat Gourara, le Grand Sud Tassili N’Ajjer et le Grand Sud Ahaggar) concernent principalement les dépenses d’expropriations, la viabilisation, l’accessibilité des plates formes touristiques et la formation des ressources humaines.

Si l’on retient le ratio habituel de 15% pour la part d’investissement public (matériel et immatériel inclus), les pouvoirs publics devraient avoir à leur charge (tous ministères confondus), 375 millions de dollars sur 7 ans pour les sept (07) pôles touristiques d’excellence, soit 54 millions de dollars par an.

6. Les cinq dynamiques de la mise en tourisme de l’Algérie

Traduit en termes opérationnels, le SDAT 2025 s’articule autour de cinq dynamiques dont le lancement a débuté dès l’approbation par le Conseil du Gouvernement de la nouvelle politique de développement du tourisme algérien.

La dynamique n°1 : La valorisation de la destination Algérie pour accroître l’attractivité et la compétitivité.

A l’instar des grands pays touristiques du monde, le tourisme algérien doit, d’une part, être représenté dans les principaux bassins émetteurs de clientèles et, d’autre part, fédérer toutes les énergies afin de définir une stratégie marketing efficace et porteuse.

La politique de développement du tourisme à l’horizon 2025 vise la structuration d’une destination touristique qui soit :

  • productive économiquement et socialement.
  • compétitive sur le plan international,
  • capable de satisfaire les besoins des nationaux en loisirs et en vacances.
Cela nécessite l’existence d’une offre touristique diversifiée de qualité et un positionnement qui différencie l’Algérie de ses autres concurrents.

La dynamique n°2:

Cette dynamique vise la rationalisation de l’investissement et la structuration de pôles touristiques forts et des villages touristiques d’excellence, reconnus comme modèles par le marché touristique international. Ces pôles doivent permettre de structurer le territoire et contribuer de façon active à façonner l’image touristique de l’Algérie.

La dynamique n°3: Le déploiement d’un plan qualité tourisme

Le plan qualité permet d'améliorer la qualité de l'offre touristique, de sensibiliser les acteurs du tourisme à la qualité nécessaire pour pérenniser leur activité, leur assurer des positions concurrentielles sur les marchés. Il concerne les secteurs d'activités au cœur de l'offre touristique, en l’occurrence les établissements d’hébergements, de restauration et d’animation, les offices de tourisme et les agences de tourisme et de voyages. Il concerne également tous les services publics marchands et non marchands qui concourent à la qualité du traitement des touristes et de leur accueil.

La dynamique n°4: La promotion de la transversalité et de la cohérence dans l’action par l’articulation de la chaîne touristique et la mise en place d’un partenariat public – privé ;

Le tourisme ne peut se concevoir isolément, c'est-à-dire sans interaction avec les autres secteurs. La réussite de son développement est fortement liée à la prise en compte de sa dimension « transversale ».

Le tourisme est une économie transversale qui renvoie à d’autres domaines tels que les transports, les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, l’aménagement de l’espace, la ressource en eau…. Son développement ne peut donc se concevoir sans l’intégration de ces différentes dimensions qui nécessitent une forte coopération intersectorielle.

La dynamique n°5: La définition et la mise en œuvre d’un plan du financement opérationnel pour soutenir les activités touristiques, attirer les promoteurs - développeurs et les grands investisseurs nationaux et internationaux.

Le tourisme est une industrie où le retour sur investissement est long. Il s’agit essentiellement de réorienter l’épargne vers le tourisme, impliquer les banques dans le financement des projets, recourir aux incitatifs financiers et fiscaux adéquats, instrumentaliser les fonds d’appui à l’investissement, à la promotion et à la qualité des activités touristiques.

L’Etat prendra en charge le financement des opérations d’aménagement et de viabilisation tout en veillant à s’assurer, dans le cadre du partenariat public privé, le concours de bailleurs de fonds tels que les investisseurs institutionnels, les sociétés de capital risque ainsi que les promoteurs développeurs.

7. La mise en tourisme de l’Algérie à l’horizon 2025 et son amorçage 2008 - 2009 ;

L’amorçage 2008-2009 dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle politique touristique de l’Algérie reposera sur la mise en œuvre des premiers pôles et villages touristiques d’excellence intégrés en tant que projets prioritaires et levier de l’amorçage touristique.

La mise en route de cette stratégie s’appuiera sur une approche pragmatique qui intègre l’ensemble des facteurs concourant à un aménagement touristique cohérent, ce qui requiert la mise en place au niveau national d’organes de pilotage regroupant les principaux acteurs et partenaires publics et privés et de bureaux de management de dimension internationale en tant qu’organe de médiation.

L’amorce de l’effet d’entraînement du tourisme se fera sous l’impulsion des projets prioritaires pré identifiés par le SDAT 2025 tels qu’hôtels de chaînes et les villages touristiques d’excellence à réaliser au niveau de nouvelles plateformes intégrées dédiées à l’expansion touristique.

Projets lancés ou en cours de lancement,

  • 219 Hôtels,
  • Une vingtaine de villages touristiques d’excellence (VTE) sont prévus au niveau des wilayas côtières et du sud,
  • 5 Parcs écologiques et touristiques.

8. La nouvelle gouvernance touristique : l’accompagnement des cinq dynamiques

Le développement du tourisme nécessite de promouvoir une nouvelle gouvernance qui vise à favoriser la mise en place d’interactions constructives entre les trois principales composantes du développement touristique : l’Etat, qui reste le moteur du développement à travers des programmes et des actions visant à créer un environnement favorable à l’émergence de la destination Algérie, les acteurs économiques et la société civile.

La gouvernance permet de veiller à la mise en œuvre de projets dans un cadre transparent et dans une optique de cohérence des démarches, de faisabilité technique et économique et de bonne répartition entre investissements publics et privés.

9. La feuille de route de la puissance publique : la régulation

Il s’agira principalement :

  • D’identifier les atouts et opportunités de chaque pôle touristique d’excellence (POT),
  • Fixer les règles de l’aménagement touristique en veillant à ce que soient respectées les capacités de charge territoriale et environnementale,
  • Veiller à l’aménagement en profondeur du pôle et au caractère véritablement intégré des aménagements.

En ce qui concerne les projets présentés, une démarche unique sera opposable à tous les promoteurs – développeurs, à travers :

  • La définition du concept développé,
  • L’élaboration d’un master plan et d’un business plan du projet d’investissement
  • Une étude d’impact sur l’environnement,
  • Le dépôt de garanties financières de l’investisseur,
  • La présentation du plan de circulation et d’accessibilité.

En ce qui concerne le management et le suivi des projets, il s’agira :

  • D’installer un Comité National de Pilotage qui veillera à la conformité et la validation des différentes étapes de réalisation par rapport aux engagements.
  • De recruter un bureau de management de dimension internationale pour la médiation entre la puissance publique et les investisseurs
  • D’élaborer un guide des exigences à appliquer, sous forme de cahier des charges, aux projets.


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